12 ans se sont écoulés depuis ma première maternité. Juste assez pour que la vie prenne un autre rythme, qu’on retrouve un peu de liberté, qu’on pense même que la page “bébé” est tournée… Et puis, un jour, la vie décide autrement.
#Accueillir un bébé 12 ans après : mes doutes, mes peurs… et ce que j’aimerais vous dire
Quand avec ma femme nous avons décidé de faire un deuxième enfant, je ne vais pas vous mentir : j’ai eu énormément de questionnements. Cet article, je le dédie à toutes les futures mamans (et les futurs papas aussi) qui envisagent d’agrandir la famille alors que leur premier enfant a déjà bien grandi. Celles et ceux qui, comme moi, sont traversés par mille doutes et peurs. Parce que j’ai été à votre place, et j’aurais aimé à ce moment-là lire un témoignage sincère qui me dise : “Tu n’es pas seul(e), c’est normal de se poser toutes ces questions.”
À ce moment-là, mon grand avait 11 ans. Je me disais : “Mais est-ce qu’on ne va pas avoir deux enfants uniques, à deux périodes complètement différentes de notre vie ?” Est-ce que j’en avais vraiment envie ? Est-ce que ce n’était pas un caprice de “dernier tour” ? Est-ce que j’allais réussir à aimer aussi fort, à redonner autant ? Et si je regrettais ?
Toutes ces pensées me hantaient. Et pourtant… aujourd’hui, je peux vous dire que cette décision, aussi effrayante soit-elle au début, a été une des plus belles de ma vie.
Dans cet article, je vous raconte ce que j’ai vécu, ce que j’ai appris, et pourquoi finalement, accueillir un bébé 12 ans après… c’est un peu comme redécouvrir la magie, avec un regard neuf et un cœur encore plus grand.

#Quand les peurs prennent le dessus… puis laissent place à la force
Dans un premier temps, ce qui m’a vraiment aidée à avancer, ce sont les témoignages d’autres mamans. Et même ceux de personnes qui avaient vécu ça dans leur propre enfance : avoir un petit frère ou une petite sœur bien plus jeune. Leurs histoires m’ont apaisée. Je me suis dit : “Ok, c’est possible, et ça peut même être beau.” Ça m’a donné envie d’aller au bout de notre projet.
Et puis un jour, je suis tombée enceinte. Après 12 mois d’essais (mais ça, je vous en parlerai plus en détail dans un autre article). Ce fut un mélange de joie immense et de doutes encore plus profonds. Parce qu’au fond, les peurs ne disparaissent pas d’un coup, elles se transforment.
Déjà, j’avais peur à cause de mon âge, de mon état de santé. J’ai subi plusieurs opérations au fil des années. Je me demandais si mon corps allait suivre, s’il allait tenir cette grossesse, si je n’étais pas “trop fatiguée” pour ça. Et puis, peu à peu, j’ai décidé de me laisser porter. J’ai compris qu’on est bien plus fort(e) qu’on ne le croit. Que le corps est une machine incroyable, capable de merveilles quand on lui fait confiance.
Ensuite, il y a eu la peur de ne plus savoir faire. Est-ce qu’on oublie, en 11 ans ? Est-ce que je saurais encore être maman ? Est-ce que j’étais “trop vieille” pour tout recommencer ? Pourtant, j’ai 35 ans – et je sais très bien que c’est loin d’être “trop tard”. Mais ces pensées, elles viennent quand même nous titiller. Et je peux vous dire une chose : être maman, ça ne s’oublie pas. C’est comme le vélo. Les gestes reviennent, l’instinct aussi. Et même si je ne pense pas être la meilleure des mamans, je fais tout ce que je peux pour mon fils, chaque jour, avec mon cœur.
Enfin, j’ai eu peur de la réaction de mon aîné. Cette peur-là, elle me rongeait vraiment. Et s’il se sentait mis de côté ? Et s’il voyait ce bébé comme un intrus dans notre histoire à lui et moi ? Et puis, le jour où je lui ai offert ce petit cadre avec l’échographie à l’intérieur… je n’oublierai jamais ses yeux, son sourire, cette émotion pure. À ce moment-là, j’ai compris que, avec ma femme, nous venions de lui offrir le plus beau des cadeaux : un lien, une complicité à venir, un amour nouveau à découvrir.
#Une maternité différente, plus douce, plus consciente
Entre ma première grossesse à 23 ans et celle-ci à 34, il s’est passé tellement de choses. 11 ans, une décennie entière de vie, d’expériences, de hauts, de bas, de chemin parcouru. Et forcément, ça change tout.
On ne vit pas la maternité de la même façon à 34 ans qu’à 23. À 23 ans, on découvre, on apprend, on doute beaucoup. À 34 ans, on doute encore parfois (parce que c’est humain), mais on est plus ancrée, plus posée. On se connaît mieux, on s’écoute plus. On a traversé des épreuves, on a gagné en maturité, en confiance. Et cette assurance, elle change tout dans la façon de vivre une grossesse.
Ma grossesse a été géniale. Bien sûr, il y a eu quelques petits soucis, mais j’y reviendrai dans un autre article. Ce que je retiens, c’est que cette fois, j’ai savouré chaque moment. J’étais heureuse, profondément. Épanouie. Pour la première fois depuis longtemps, je me suis aimée. J’ai aimé mon corps. Ce même corps que j’ai longtemps détesté, ce corps marqué par une obésité passée (ça aussi, ce sera le sujet d’un futur article).
J’ai vécu cette grossesse comme un cadeau, un miracle. Quelque chose que je ne pensais plus vivre. Et à peine avais-je accouché… que déjà, elle me manquait. Cette sensation unique d’avoir la vie en soi, cette bulle douce et intime, cette connexion invisible mais si puissante. C’était un moment suspendu. Un privilège.
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